Protocoles thérapeutiques

Les infections vasculaires

Protocoles thérapeutiques Prothèses vasculaires

Durée : De 1 semaine IV après l’ablation de la prothèse infectée
Staphylococcus aureus Méti-S : BRISTOPEN : 2g X 6 / jour IV
Staphylococcus aureus Méti-R(a), SCN (b), Scarpa et dessous non documenté (c) :
VANCOCINE : 2g/jour IV en continu seringue électrique.
Entérocoques + Streptocoques : CLAMOXYL 2gx6/IV/j .
Bacille Gram négatif, Prothèses abdominales non documentées : CLAVENTIN : 2gX6/ jour IV OU selon antibiogramme
Pseudomonas : FORTUM 1g X 3/j IV + GENTA 3mg/kg/j en 1 inj IV + CIFLOX 500 : 3 cp/j
Levures : Rajouter AMPHOTERICINE B : 1mg/Kg/j IV (en 12h) + FLUCYTOSINE 100 mg/kg/j IV
Si une insuffisance rénale AMBISOME : 3 mg/Kg/jour IV à la place de l’AMPHO B

Surveillance du traitement FN, VS 1x/semaine
VANCOCINEMIE ou GENTALLINEMIE : à partir du 2è jour puis 2 fois par semaine. Urée et créatinine sériques 2 fois par semaine
AMPHOTERICINE B : Urée et créatinine sériques 2 fois par semaine kaliémie 2 fois par semaine

  • Arrêt de l’antibiothérapie IV 1 semaine après la chirurgie.
  • Pas de relais par voie orale

Durée : Relais pour une durée de 6 mois

Staphylocoque (aureus ou coagulase négatif) sensible

RIFADINE : 300 mg X 3 / jour per os + OFLOCET : 200 mg X 3 / jour per os

Staphylocoque (aureus ou coagulase négatif) Résistant à Ofloxacine et/ou Rifampicine
Si possible :

RIFADINE : 300 mg X 3 / jour per os + FUCIDINE : 2 cp X 3 / jour pendant 5 jours puis 2 cp X 2 / jour per os
Sinon : BACTRIM forte : 2 cp X 3 / jour per os
Ou : DALACINE 300 : 6 cp / jour per os
Ou : VANCOCINE : 30 mg/Kg/jour IV en continu à la seringue électrique

Pseudomonas aeruginosa
FORTUM 1gX3 IV+GENTA mg/j en 1 inj IV+ CIFLOX 500 : 3cp/j 3 semaines
Puis GENTA+ CIFLOX pendant 3 semaines
Puis CIFLOX : 500 mg X 3 / jour per os pendant 4,5 mois
Si résistance COLISTINE IV 1,5 MU X 2 : j

Infections à entérobactéries
BACTRIM forte : 2 cp X 3 / jour per os

Infections à enterococcus et Streptocoque
CLAMOXYL : 2g X 3 / jour per os

Pas de documentation bactériologique
BACTRIM forte : 2 cp X 3 / jour per os
DALACINE 300 X 6 cp/ jour per os

  • FN VS PCR GO GP 1Xsem pendant 1°mois puis 1X 15 j
  • Vancocinemie : 48°h puis 4°j puis 15°j puis 1X/ Mois
  • Urée, créatinémie : 1X /S pour malades sous vancomicine, colistine
  • Dosages de Rifampicine, Bactrim : 15° jour puis 1X /Mois
  • 1 injection IV de LEDERFOLLINE en début de traitement pour les malades sous BACTRIM

Conduite à tenir lors d'une piqûre de tique

Prélèvements à envoyer :

IHU Méditerranée Infection
19-21 bd Jean Moulin
13005 Marseille

Tel : +33 (0)4 13 73 20 51
Fax : +33 (0)4 13 73 24 02

Arthropodes hématophages

3 stades : larve, nymphe, adulte
Les tiques vectrices des rickettsies appartiennent au groupe des tiques dures :

  • Activité saisonnière
  • Durée de vie de quelques mois à 3 ans
  • Un repas sanguin par stade de vie : l’attache est prolongée
  • Spécificité d’hôte selon les espèces
  • La piqure est indolore

Principaux genres de tiques impliqués en pathologie humaine

  • Rhipicephalus
  • Amblyomma
  • Ixodes
  • Hyalomma
  • Dermacentor

Retrait de la tique


Retirer la tique dans l’axe à l’aide d’un tire-tique ou une pince fine (type pince à épiler), en tenant  fermement la tique au plus près de la peau. Tirer doucement.

  • Ne pas utiliser d’éther, de pétrole ou autre produit chimique qui peut entrainer une régurgitation de la tique et une libération de bactérie en intra-sanguin.
  • Après retrait de la tique, il convient d’appliquer une solution antiseptique locale.
  • Si une partie du rostre de la tique n’a pu être extirpée, il ne faut pas chercher à compléter l’extraction. Il sera éliminé spontanément. Parfois, un petit granulome peut se former et  persister pendant plusieurs semaines.

 

Surveillance du point de morsure

Pas de traitement empirique d’une piqure de tique asymptomatique *
Surveillance de la fièvre et de l’état cutané (jusqu’à 30 jours après morsure)

L’apparition de signes cliniques cutanés ou généraux doit faire débuter un TRT antibiotique, sans attendre la confirmation du laboratoire.

*Néanmoins dans les zones de forte endémie de maladie de Lyme une antibioprophylaxie peut être proposée. (Hasin, N Engl G Med, 2006).

 

Envoi de la tique au Centre National de Référence des Rickettsioses

Envoyer au Centre National de Référence des Rickettsioses :

  • La tique pour identification et recherche de bactéries infectant la tique par PCR.
    • si vivante, envoyer à température ambiante dans un pot à ECBU (dont le couvercle est percé de quelques trous).
    • si morte, envoyer à température ambiante.
  • Une photo du point de piqure (mail).
  • Lieu de morsure, date, symptomatologie si présente.

Escarre au point de morsure

Envoyer au Centre National de Référence des Rickettsioses :

Une écouvillon cutané sec en frottant bien (à la périphérie de l’escarre), transport à +4°C *.
Une photo des lésions.
Prélèvement sanguin : un tube sec pour la sérologie et un tube EDTA pour la PCR (transport à température ambiante).
Traitement : une suspicion de Rickettsiose doit faire instaurer un traitement empirique sans attendre la confirmation diagnostique : voir le chapitre traitement des Rickettsioses.
* En cas de rash cutané sans escarre retrouvée une biopsie cutanée peut être réalisée, si le rash est vésiculeux un écouvillon d’une lésion suffit.

Fièvre boutonneuse Méditerranéenne
R. conori
Incubation d’environ 6 jours
Fièvre
Eruption maculo-papuleuse y compris palmo-plantaire
Escarre d’inoculation (tâche noire)
Forme sévère dans 5-6% des cas

Senlat
Surtout chez femmes et enfants
Incubation de quelques jours
Céphalée
Escarre d’inoculation sur le cuir chevelu
Adénopathie(s) cervicale(s)

Rickettsiose et lymphangite
R.mongolitimonae
Incubation d’environ 5 jours
Fièvre, céphalée, mylagie
Escarre(s) unique ou multiple
Lymphangite en corde (au départ de l’escarre), Adénopathies régionales douloureuses
Rash maculopapuleux

Fièvre à tique africaine
R. africae
Incubation de 5 à 7 jours
Fièvre, céphalée, myalgie
Escarres d’inoculation multiples, adénopathie régionales
Syndrome pseudo grippal, Rash vésiculeux

La doxycycline peut également être utilisé, dans cette indication, en dose unique chez les enfants.
En effet, il a été démontré que l’administration de doxycycline sur une courte durée ne se complique pas d’une coloration des dents (Lochary, Pediatr Infect Dis J, 1998).

Les endocardites

Contact

Dr Casalta, Dr Gouriet, Dr Hubert, Pr Habib

IHU Marseille
Service de Cardiologie Hopital de la Timone Marseille

Diagnostic d’une rickettsiose

Prélèvements à envoyer à :

IHU Méditerranée Infection
19-21 bd Jean Moulin
13005 Marseille

Tel : +33 (0)4 13 73 20 51

Fax : +33 (0)4 13 73 24 02

Biopsie d’escarre
  • si congelée à -80°C après prélèvement,
    envoyer en carboglace pour culture
  • si non congelée à -80°C après prélèvement,  envoyer à température ambiante pour PCR
  • si formolée ou paraffinée, envoyer à  température ambiante pourimmuno- histochimie
  • si congelée à -80°C après prélèvement, envoyer en carboglace pour culture
  • si non congelée à -80° après prélèvement,  envoyer à température ambiante pour PCR
  • type d’écouvillon : sec stérile (Copan Italian S.p.A., Brescia, Italia) ou type brossette
  • type d’écouvillon : sec stérile (Copan Italian S.p.A., Brescia, Italia) ou type brossette
  • envoie à +4°C après prélèvement pour PCR, voir la video pour la réalisation de l’écouvillonage
  • type d’écouvillon : sec stérile (Copan Italian S.p.A., Brescia, Italia) ou type brossette
  • envoie à +4°C après prélèvement pour PCR, voir la video pour la réalisation de l’écouvillonage
  • type d’écouvillon : sec stérile (Copan Italian S.p.A., Brescia, Italia) ou type brossette

Traitement de la fièvre Q

Contact

Dr Casalta, Dr Gouriet, Dr Hubert, Pr Habib

IHU Marseille
Service de Cardiologie Hopital de la Timone Marseille

*critères biologiques du syndrome des . : IgG anticardiolipine positif (IgG aCL), IgM anticardiolipine positif (IgM aCL), TCA allongé (rapport > 1,5 pour un patient sans anticoagulant), ou présence d’un anticoagulant lupique
**Méningite, cholécystite, thrombose, syndrome d’activation macrophagique.
***Antécédents de rhumatisme articulaire aigu, valvule aortique bicuspide, cardiopathie congénitale, valvules cardiaques prothétiques, insuffisance valvulaire ou rétrécissement ≥ grade II, prolapsus valvulaire mitral, végétation, nodule, épaississement valvulaire, remodelage valvulaire, rupture de cordage mitral
****Transplantation, chimiothérapie, VIH avec < 200 lymphocytes T CD4+, néoplasie hématologique, corticothérapie.

*Avidité réalisable par le CNR sur demande particulièrement indiquée dans le contexte de la grossesse.

Pour tous les autres cas : contacter le CNR pour un avis d’expert

La surveillance des taux thérapeutiques est capitale pour obtenir une bonne efficacité et une bonne tolérance du traitement.

Pour tous les patients traités par doxycycline et hydroxychloroquine, il est conseillé de surveiller mensuellement le taux sérique des antibiotiques. Le  prélèvement pour le dosage des antibiotiques peut être réalisé sur tube sec à n’importe quel moment de la journée, quelque soit le moment de la prise des comprimés.
Bien que la posologie initiale soit : doxycycline cp à 100mg 2 cp/j + hydroxychloroquine cp à 200mg 3 cp par jour, les posologies nécessaires pour atteindre les taux cibles (cf ci-dessous) sont très variables.

Une protection solaire est recommandée compte tenu de la photosensibilisation (à ne pas confondre avec une toxidermie) due à la doxycycline.
Une consultation ophtalmologique doit être effectuée en début de traitement et à 6 mois. Le risque de rétinopathie sous hydroxychloroquine est faible et est corrélé à la dose cumulée de traitement (en pratique ce risque est proche de zéro pour deux ans de traitement) (Mamor, American Academy of Ophtalmology, 2016), il y a peu de contre-indications à l’hydroxychloroquine. Beaucoup d’ophtalmologues récusent ce traitement en cas d’autre pathologie oculaire, ceci est rarement justifié. En cas de doute, une consultation spécialisée d’ophtalmologie peut être réalisée dans notre centre hospitalier.

 
Contre-indications aux traitements

  • Doxycycline (Vibramycine®)

Allergie aux tétracyclines.
Association à des rétinoïdes par voie générale.
Grossesse ou Allaitement (contre-indication relative).

  • Précautions d’emploi avec certains traitements:

Anticonvulsivants inducteurs enzymatiques qui diminuent les concentrations plasmatiques de cyclines par augmentation du métabolisme hépatique.
Didanosine qui diminue l’absorption digestive des cyclines en raison d’une augmentation du pH gastrique.
Sels de fer, les sels de zinc et les topiques gastro-intestinaux qui diminuent l’absorption intestinale des cyclines.
Anticoagulants oraux (augmentation de l’effet anticoagulant)

  • Hydroxychloroquine (Plaquénil®)

Allergie à l’hydroxychloroquine.
Rétinopathies.
Allaitement.

Précautions d’emploi :
Adaptation des posologies chez l’insuffisant rénale ou hépatique (Objectif dosage médicamenteux : 1mg/ml).